C'est une étape majeure pour le Digital Product Passport européen : le 20 juillet 2026, la Commission européenne a mis en service le registre central des DPP, quelques jours après l'adoption du règlement d'exécution (UE) 2026/1778 du 16 juillet 2026. L'infrastructure qui reliera chaque passeport produit aux autorités de surveillance du marché existe désormais officiellement.
Qu'est-ce que le registre européen des DPP ?
Le registre est une infrastructure publique gérée par la Commission européenne, sans frais ni abonnement. Son rôle est souvent mal compris : il ne stocke pas vos passeports produits. Les données du DPP restent chez l'opérateur économique (la marque) ou chez son prestataire de services DPP. Le registre, lui, conserve uniquement la couche de référence commune : identifiants uniques d'enregistrement, métadonnées, localisation d'hébergement des données, codes marchandises et références des prestataires.
Ce modèle décentralisé a une conséquence directe pour les marques : la qualité, l'hébergement et la disponibilité de vos données de passeport restent votre responsabilité. Le registre ne fait que pointer vers elles.
Ce qui est disponible dès maintenant
- Un environnement de test dédié, ouvert par la Commission, pour préparer les intégrations sans risque
- Des guides utilisateurs publiés sur la page officielle du registre
- Le statut d'« opérateur économique vérifié » (Verified Economic Operator), valable jusqu'à trois ans, préalable indispensable pour enregistrer des passeports
L'enregistrement peut se faire directement, ou via un prestataire de services DPP autorisé qui agit pour le compte de la marque.
Le calendrier qui en découle
Le registre arrive volontairement avant les premières obligations sectorielles. Le passeport batterie (règlement UE 2023/1542) sera le premier passage obligatoire, début 2027. Le textile suivra, avec un acte délégué attendu autour de 2027 pour une obligation effective vers 2028. Le registre jouera aussi un rôle douanier : les codes marchandises qu'il référence serviront aux contrôles des produits importés mis en libre circulation dans le marché unique.
Autrement dit, 2026 est officiellement l'année de préparation. Les marques qui structurent leurs données produits maintenant (composition, fournisseurs, identifiants uniques, formats machine-readable) aborderont l'enregistrement comme une formalité. Les autres découvriront en même temps l'infrastructure, les exigences de données et l'urgence.
Ce que cela signifie si vous êtes une PME
Trois points concrets à retenir
1. Vos données d'abord. Le registre n'héberge rien pour vous : un DPP conforme suppose des données produits structurées, à jour et accessibles en continu. C'est le vrai chantier, et il prend des semaines, pas des jours.
2. Les identifiants comptent. Le modèle repose sur des identifiants uniques persistants et des standards ouverts (GS1 Digital Link pour le Data Carrier, JSON-LD pour les données machine-readable, conformément à l'architecture de référence CIRPASS-2). Les choisir dès maintenant évite une migration douloureuse plus tard.
3. Vous n'êtes pas obligé d'y aller seul. Le règlement prévoit explicitement les prestataires de services DPP, qui peuvent enregistrer et opérer les passeports pour le compte des marques.
Prova est construit précisément sur ces standards : identifiants uniques, QR codes GS1 Digital Link, données JSON-LD interopérables, et niveaux d'accès différenciés. Les passeports que nos utilisateurs créent aujourd'hui sont structurés pour le monde du registre européen. Si vous voulez prendre de l'avance pendant que c'est encore une option, parlons-en.